Décider d’arrêter de boire est une étape courageuse, souvent chargée d’espoir… et de doutes. Très vite, une question revient : « Comment vais-je tenir face aux tentations ? » Les envies d’alcool peuvent surgir au détour d’une émotion difficile, d’une journée éprouvante ou d’un moment festif où tout semble tourner autour du verre.
Bonne nouvelle : résister à l’alcool n’est ni une question de force brute, ni de volonté infinie. C’est avant tout une question de compréhension, d’anticipation et de stratégie. Il n’existe pas une seule façon d’arrêter de boire — c’est d’ailleurs tout l’enjeu du chemin de sobriété (👉 Comprendre la dépendance : pourquoi il n’existe pas une seule solution pour s’en sortir).
Dans cet article, je vous propose des pistes concrètes pour faire face aux tentations, apprivoiser le craving et poser les bases d’un vrai plan de changement.
Anticiper les tentations

En premier lieu, pensez à élaborer une stratégie pour chaque situation. La clé, c’est d’anticiper. On ne résiste pas de la même manière à une envie de boire née d’une journée difficile qu’à celle qui surgit lors d’une soirée festive. Plus vous identifiez vos situations à risque, plus vous gagnez en sérénité.
Quand l’alcool sert à gérer les émotions
Si l’envie de boire apparaît pour faire face au stress, à la fatigue, à la colère ou à la tristesse, vous pouvez par exemple :
- Sortir marcher au moins 20 minutes. Le mouvement aide à relâcher la pression et à prendre du recul.
- Appeler un ami de confiance (ou une ligne spécialisée) et échanger jusqu’à ce que la tension redescende.
- Écouter votre morceau de musique préféré en boucle, chanter et danser.
- Prendre une douche pour marquer une vraie coupure.
- Écouter une méditation guidée spéciale « urgence » ou crise d’angoisse.
Ces alternatives ne sont pas anodines : elles vous aident à répondre au besoin réel caché derrière l’envie d’alcool.
En soirée et dans les moments sociaux
Les contextes festifs sont souvent redoutés, notamment à cause du regard des autres. La pression sociale autour de l’alcool est bien réelle (👉 Comment gérer la pression sociale autour de l’alcool ?).
Voici quelques stratégies efficaces :
- Toujours avoir un verre sans alcool à la main (eau, jus, soda, mocktail). Vous pourrez ainsi dire que vous êtes déjà servi.
- Préparer à l’avance des phrases simples pour dire non, sans vous justifier.
- Prévenir un(e) ami(e) de confiance que vous ne buvez pas et lui demander un soutien ponctuel.
- Si possible, proposer à cette personne d’être sobre avec vous pour l’occasion.
- Éviter de rester près du bar, surtout au début de votre sobriété.
- Choisir d’être SAM (celui ou celle qui conduit) : avoir une mission responsabilisante est souvent très aidant.
Avec le temps, vous découvrirez qu’il est tout à fait possible, et même agréable, de vivre des soirées en étant pleinement vous-même.
Il existe de nombreuses techniques pour résister à la tentation de boire. N’hésitez pas à y réfléchir et à développer vos propres stratégies en fonction de vos goûts. Pour qu’elles soient efficaces, il faut y penser à l’avance pour ne pas se laisser surprendre par ces envies soudaines et parfois violentes.
Dompter le craving

Le craving est une envie irrépressible de boire, bien connue des personnes dépendantes. Il surgit souvent sans prévenir, avec une intensité impressionnante, donnant l’impression qu’il faut absolument boire pour aller mieux.
Sachez que le craving est court : il dure en moyenne entre 5 et 10 minutes. Même s’il est très inconfortable, il finit toujours par redescendre.
Pendant ce laps de temps, vous pouvez :
- Faire des exercices de respiration.
- Vous laver soigneusement les dents. Aussi surprenant que cela paraisse, c’est souvent efficace.
- Boire plusieurs grands verres d’eau.
- Prendre quelques minutes pour identifier ce qui déclenche cette envie.
- Écrire vos émotions et ressentis sur papier pour vous en libérer.
- Prendre l’air et marcher, même brièvement.
Le craving n’est pas un échec. C’est une réaction normale du cerveau. Chaque craving dépassé renforce votre confiance et votre fierté. Avec le temps, ils deviennent moins fréquents et moins intenses.
Avoir un vrai plan
Arrêter l’alcool ne se décide pas sur un coup de tête, ni uniquement après une soirée de trop. C’est un processus qui se réfléchit, se construit et s’ajuste dans le temps.
Ces astuces sont précieuses en cas d’urgence, mais elles ne remplacent pas un accompagnement ou une réflexion de fond sur votre relation à l’alcool (👉 Arrêter l’alcool : quelles sont les solutions ?).
Si vous avez déjà essayé d’arrêter sans succès, cela ne dit rien de votre capacité à réussir demain. La plupart des parcours de sobriété passent par plusieurs tentatives. C’est normal. Ce qui compte, c’est d’apprendre à chaque étape et de ne pas rester seul(e).
En conclusion – Dire stop à l’alcool

Dire stop à l’alcool demande du courage, de la patience et de la bienveillance envers soi-même. Ce chemin n’est pas toujours linéaire, mais il est profondément transformateur. Avec les bons outils, du soutien et un plan adapté à vous, il est possible de se libérer durablement de la dépendance.
Et s’il y a une chose dont je suis certaine, c’est celle-ci : on ne regrette jamais d’avoir arrêté de boire. La vie sans dépendance est plus claire, plus alignée, plus vivante.
Si vous doutez encore… autorisez-vous à essayer.
Besoin de faire le point sur votre consommation d’alcool ? N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour réaliser votre bilan de sobriété.